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Rassemblement devant la Mairie

À la suite des incendies de mairies et de bâtiments publics, ainsi que des pillages de commerces, l’Association des Maires de France appelle les maires et les conseils municipaux à se rassembler, aux côtés de toutes les forces vives qui souhaitent s’associer à cette démarche.

Discours de M. Le Maire

Ne nous trompons pas de combat : défendons la République

Mesdames, Messieurs,

Les violences urbaines qui ont touché plusieurs villes ce week-end doivent nous alerter. Elles nous rappellent combien notre société est fracturée, combien la défiance s'installe et combien notre République est aujourd'hui mise à l'épreuve.

Rappelons une chose essentielle : la liberté de manifester, de contester et de s'opposer à la politique du gouvernement ou du président de la République est un droit fondamental. Le désaccord est légitime, la colère peut se comprendre, mais la violence ne peut jamais devenir un mode d'expression politique.

Incendier une mairie, s'attaquer aux bâtiments publics et aux symboles de la République, c'est franchir une ligne inacceptable. Une mairie, c'est la maison commune, le visage de la République au plus près des citoyens. S'en prendre à elle, c'est s'en prendre à nous tous.

Ne confondons pas les manifestants pacifiques avec les groupes extrémistes organisés qui instrumentalisent la colère pour semer le chaos. Respecter le droit de manifester, c'est aussi refuser que la violence de quelques-uns confisque la parole de tous.

Je le dis avec conviction, car mon propre engagement politique est né d'une rancœur envers un pouvoir en place. J'ai connu le désaccord, la colère et le combat politique. J'ai également combattu, par le passé, des groupes d'extrême droite. Mais j'ai toujours privilégié l'ordre républicain et le respect de nos institutions.

On peut combattre un pouvoir sans combattre la République. On peut dénoncer les injustices sans renoncer à nos principes.

Ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est le désespoir d'une jeunesse qui ne croit plus toujours en l'avenir et qui risque de voir dans les extrêmes, voire les partis ultras, son seul horizon.

Cette inquiétude fait écho à une voix qui a marqué mon époque et nourri ma réflexion : celle de Daniel Balavoine. En 1980, face à François Mitterrand, il interpellait le monde politique sur le fossé qui se creusait entre les responsables politiques et une jeunesse qui ne se sentait ni entendue ni représentée.

Son message reste d'une actualité troublante. Que faisons-nous de cette jeunesse qui doute, qui se sent abandonnée et qui ne croit plus aux promesses ?

Nous ne devons ni mépriser sa colère ni excuser les violences. Nous devons comprendre les causes du désespoir, apporter des réponses concrètes et redonner des perspectives. Car lorsque la politique cesse de susciter l'espoir, les extrêmes trouvent un terrain favorable.

Les responsabilités doivent donc être prises à tous les niveaux. Tout acte délictueux doit être poursuivi et sanctionné par la justice, quel que soit le bord politique de son auteur. La loi doit s'appliquer à tous, sans complaisance ni indignation sélective.

Je veux également exprimer ma profonde reconnaissance à nos policiers, nos gendarmes, nos policiers municipaux et nos sapeurs-pompiers. En première ligne, ils protègent nos concitoyens, nos institutions et nos biens publics, parfois au péril de leur propre sécurité.

À toutes celles et ceux qui servent la République, j'adresse mon respect et mon soutien.

Avec eux, à leurs côtés, nous sommes le rempart de nos droits et de nos libertés républicaines. Les soutenir, c'est reconnaître leur engagement au service de tous, dans le respect de l'État de droit et des droits de chacun.

Car le danger est là : celui d'un engrenage où la violence appelle la violence, où la vengeance remplace la justice et où des Français finissent par se dresser contre d'autres Français.

La loi du talion, l'œil pour œil, dent pour dent, ne doit jamais devenir notre horizon.

Aujourd'hui, entendre résonner La Marseillaise et son appel aux armes ne devrait jamais nous faire craindre que des citoyens se retournent contre leurs propres compatriotes. Notre hymne porte une histoire de liberté, pas une invitation à la guerre civile.

Alors, ne nous trompons pas de combat.

Notre responsabilité est de défendre l'ordre républicain sans renoncer à la justice, de condamner les violences sans devenir sourds aux colères, et de protéger nos institutions sans abandonner celles et ceux qui attendent encore de la République un avenir meilleur.

La République n'appartient ni à un gouvernement, ni à un parti, ni à une idéologie. Elle nous appartient à tous.

La défendre, c'est faire respecter la loi, protéger ceux qui nous protègent, entendre les souffrances et redonner de l'espoir à notre jeunesse.

Ne cédons ni à la haine ni à la vengeance. Faisons le choix du dialogue, de la responsabilité et de la fraternité.

Parce qu'au-delà de nos différences, nous partageons un même pays et un même destin. Et que notre devoir est de ne jamais laisser la République devenir le champ de bataille de ses propres enfants.

Je vous remercie.

 

 

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Créé par La rédaction

 

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